Déjà
croisé sur maintes structures telles que Rednetic, Boltfish ou
u-cover, l’américain Joseph Auer, qui a désormais élu domicile
à Tokyo, ne semble pas résolu à ébranler les codes musicaux établis et suivis autrefois. Fidèle à l’esthétique développée par les labels suscités (u-cover en particulier), Joseph Auer propose avec Freo une musique aux confins de
l’électronica, de l’ambient et d’une techno duveteuse sous tranquillisant. Au premier courant, il emprunte des mélodies néon et contemplatives taillées dans un cristal synthétique ; du second il
extirpe les vastes nappes réfrigérées et ondulantes, et conserve du troisième la volonté de mouvement professée par des rythmiques calées entre sonorités semi-réalistes et rigidité
programmée. De cet ensemble uniforme se démarque AirCycle, titre croisant le ressac de nappes halogènes
segmentées à la manière d’un Loscil ou d'un Strategy
qui auraient troqué le rêve pour la danse, avec l’esthétique technoïde réverbérée de l’école Modern Love, à une échelle toutefois plus retreinte et renfrognée.