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Qui de la terre ou de la mer remportera la bataille à Portland ? Mais de bataille est-il vraiment question dans ce premier album tenant à si peu de choses, et au dessus duquel plane en permanence une auréole de douceur cotonneuse. Sur le versant dominant, il y a Sarah O’Shura, soeur spirituelle de Hope Sandoval ou écho spectral de Cat Power, et sa guitare acoustique qui alterne finger-picking céleste façon Marissa Nadler avec accords égrenés au ralenti, dans leur plus simple appareil. De l’autre côté, légèrement en retrait, traîne le compagnon Joshua Canny muni d’une guitare électrique qui résonne au loin, parfois responsable de douces dérives euphoriques (Saltwater queen, I built the sea), qui envoie le duo rejoindre les sirènes patraques et lysergiques de Gnomonsong (Rio en Medio notamment). C’est d’ailleurs dans ce registre fantomatique et mystérieux, un peu ridé et maltraité, que la paire se fait la plus désirable. Même si lorsqu’elle s’attèle à davantage de conventions, élevant le tempo d’un poil et assainissant le climat pour se rapprocher du Carbon Glacier de Laura Veirs (Six days), leur bataille utopique, menée sous l’aile protectrice de MisOjos Discos, reste très recommandable.
(8.0)
Sébastien Radiguet