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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 23:43
Presque coup sur coup, le label luxembourgeois Own records s'en est allé taper dans la fourmillière Bark & Hiss pour en déloger Trouble Books puis Talons'.
Si ce Songs for Babes s'apparente à un recueil intime de Mike Tolan, il bénéficie toutefois du soutien discret et précieux de la sphère amicale Bark & Hiss, notamment de membres échappés des groupes Dinomania, Sommer & The Easter People, et Trouble Books donc.
Si une filiation avec ces derniers se dessine lorsqu'une étoffe ambient vient enrober ses chansons (Mich et Lula, auréolés d'orgue et de douce électricité ; Juice incorporant manipulations digitales et nappes synthétiques à la quiétude insoupçonnée), Talons' est davantage porté sur la chose folk intimiste, glissant ses histoires du quotidien au creux de l'oreille, armé d'une guitare, accessoirement entouré de glockenspiel, piano électrique, clarinette, éléments rythmiques sommaires... A cet égard, il nous rappelle confusément Owen ou Hayden, bien que trouvant ici un point d'ancrage dans son environnement direct plus net : le ressac de la mer, le clapotis de la pluie, le ronronnement d'un moteur et le cri des mouettes habitent ses chansons, et les titres se réfèrent directement à son cercle d'amis.
Et lorsque notre nouvel ami se montre plus éloquent, que la rythmique fait un pas en avant (toute proportion gardée), c'est avec les plus belles balades d'americana patraque signées Sparklehorse que Talons rivalise (Erin, Sommer). Et cela, en toute modestie, avec une sincérité que l'on n'ira pas remettre en cause.
[8.0]
Sébastien Radiguet

Talons' : Sommer


Tracklist
01. Natalie (1:17)
02. Maddy (2:36)
03. Erin (1:26)
04. Angela (1:46)
05. Rachel (2:28)
06. Mich (1:50)
07. Juice (4:58)
08. Sam (3:34)
09. Taz (2:04)
10. 'Cole (2:16)
11. Lula (4:17)
12. Sommer (1:45)

Durée : 30'05
Sortie : septembre 2009
Label : Own records / Differ-ant
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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 23:33
Derrière ses allures d'attrape-nigaud ou de publicité mensongère, New Universe nous promène sur des terres pour le moins familières.
Puisant leur inspiration dans l'intarissable source Galaxie 500, les américains de Desolation Wilderness proposent un album immédiatement plaisant, à cheval entre dream-pop, shoegaze et pop tout court, forcément flou à souhait (à tel point que les paroles frôlent les frontières de l'incompréhensible, les claviers celles de l'inaudible ; seuls quelques cuivres et glockenspiel parviennent à tirer leur épingle du jeu d'échos). Mais à ce jeu, là où bon nombre se seraient vautré dans une certaine forme de facilité confortable, consistant à utiliser la réverbération abusive et la saturation éthérée en guise de cache-misère, Desolation Wilderness soigne ses compos pour les rendre suffisamment captivantes, et inonde ses guitares d'un bain de vapeur, délaye sa batterie dans un océan Velvetien uniquement à des fins enveloppantes, songeuses et nostalgiques.
Plus près de nous, et particulièrement lorsque la formation de la West Coast élève légèrement le tempo, ce sont les pages les plus doucement pop écrites par le génial Bradford Cox que l'on croirait entendre (San Francisco 2 a.m. et le mini-tube No tomorrow n'auraient pas fait figure d'intrus dans la discographie de Deerhunter ou Atlas Sound).
A défaut du grand renouveau annoncé, ce New Universe s'avère être un joli spécimen du genre brouillé.
[7.5]
Sébastien Radiguet

Desolation Wilderness : No tomorrow


Tracklist
01. Venice beach
02. Boardwalk theme
03. Moon dreams
04. Strange cool girl
05. Slow fade
06. Restless heart
07. Satellite song
08. San Francisco 2a.m.
09. You hold a power over me
10. No tomorrow (Version)

Durée : 37'50
Sortie : août 2009
Label : K records / Differ-ant

Plus+
Le blog de Desolation Wilderness
L'espace MySpace du label K records
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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 21:10
Compte tenu des accointances affichées publiquement par Mark Linkous et Christian Fennesz, il était assez invraisemblable de ne pas envisager le fruit de leur collaboration couché sur sillon.
Et c'est selon une logique imparable que le label néerlandais Konkurrent a laissé carte blanche aux deux musiciens pour écrire le 15ème chapitre de la série In the fistank.
Cloîtrés deux jours durant dans un studio, le manipulateur autrichien et l'américain chagrin ont accouché de ces sept plages hétérogènes, où les participations de chacun sont aussi distinctes que fusionnelles.
Sur l'introductif Music box of snakes, la cohabitation est parfaite : dans un même élan de douce mélancolie, Mark Linkous apparaît comme étant l'auteur de ce triste agencement de boîtes à musique, de flûtes vacillantes et de cordes couchées sur bandes magnétiques ayant subi les outrages du temps, tandis que Fennesz apporte de parcimonieuses touches d'électricité grésillante.
Puis ce dernier déstructure et étire ses guitares en une plage vaporeuse où un jeu de flux et reflux maritime berce le chant subaquatique de Sparklehorse, répétant à l'envi Goodnight Sweetheart. Et le tandem d'opérer suivant un procédé similaire sur un If my heart où les arpèges de guitare se détachent avec netteté.
Aux antipodes de ces climats réconfortants on trouve une paire de trouble-fait, jouant à malmener l'auditeur au détour de Sahi-Hulud et NC Bongu Buddy, où les saturations mutent en des digressions inhospitalières, où les circuits imprimés disjonctent, purement et simplement.
Ces orages balayés laissent toutefois filtrer deux pièces plus délicates et personnelles, aériennes l'une comme l'autre. Il y a d'abord Mark's guitar piece, où la guitare intacte de l'un entame un fin dialogue avec une boîte à musique, tandis que l'autre esquisse quelques triturations en arrière-plan. Vient ensuite Christian's guitar piece, abominablement trop courte, où la guitare de l'autrichien, plus solitaire et vierge que jamais, délivre des notes magiques et suspendues, qui nous laissent sur notre faim.
[7.5]
Sébastien Radiguet

Sparklehorse & Fennesz : Mark's guitar piece


Tracklist :

1. Music Box Of Snakes (9:46)
2. Goodnight Sweetheart (5:24)
3. Sahi-Hulud (2:36)
4. If My Heart (5:13)
5. Mark's Guitar Piece (4:27)
6. NC Bongu Buddy (11:24)
7. Christian's Guitar Piece (1:28)

Durée : 40'20
Sortie : septembre 2009
Label : Konkurrent / Differ-ant
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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 22:44
Quitté sur les planches du Cabaret Electric où il se devait d'ouvrir pour les islandais Mùm et Seabear, le tandem havrais Your Happy End avait offert une prestation laissant filtrer une musicalité multidirectionnelle, à la fois pertinente et attachante.
Une impression qui revient en douceur, dès le bipartite Dying above the clouds, qui instaure un climat trip-hop tendre et enfumé, où se déploie une boucle craquelée et parasitée, croisant piano et contrebasse, avant qu'un pont pop-folk aux contre-chants lumineux ne se détourne vers des guitares plus fébriles.
Dans la façon qu'ils ont d'entrelacer rythmiques hip-hop, appâts pop et voix cabotant entre chant monocorde et phrasé rap cadencé, Cable Car et Page 7 ressuscitent sans le savoir les fantômes d'un groupe depuis longtemps oublié et surestimé en son temps : Day One. Un groupe que Your Happy End surpasse tranquillement, armé d'un sens mélodique supérieur, nourri aux biberons de l'électro et du sampling, guidé par une ligne de conduite plus sinueuse, qui le mène à tutoyer Pinback (les ingrédients finaux de Cable Car, combinant ritournelle guitaristique, programmations rythmiques et harmonies vocales en font en tout cas un bluffant sosie).
DayOne et Pinback donc, mais aussi 13&God, voilà des références disparates qui délimitent le périmètre triangulaire au sein duquel évoluent Guillaume Zolnierowski et Aurélien Bortoluzzi ; c'est ce que confirment Weigh down ou Lakak, évoquant tout un pan de la clique Anticon, en confrontant respectivement flow rap à des riffs rocailleux puis à une électronique incisive qui vire vers la punk attitude !
Sachant également endosser la panoplie du parfait romantique, YHE s'évade passagèrement dans un Air étoilé (le bien nommé Movie Star, dans lequel flotte un vague parfum versaillais et stellaire), hésite entre chant Buckleyien et apesanteur Radioheadienne (Window).
Un premier album inspiré de mille et une choses, et inspiré tout court.
[7.5]
Sébastien Radiguet

Your Happy End : Dying Above The Clouds


Tracklist :
01. Dying Above The Clouds
02. Cable Car
03. Page 7
04. Movie Star
05. Loss A Lift
06. Weigh Down
07. Afternoon Snacktime
08. Window
09. Super Fidge
10. Lakak
11. December >>>
12. >>>Song

Durée : 42'50
Sortie : mai 2009
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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 22:30
Du haut de ses 27 ans, Hildur Guðnadóttir a amplement franchi le cap des novices dans la sphère musicale islandaise ; sa renommée ayant connu une pente ascendante depuis ses collaborations avec Mùm ou Pan Sonic, sans compter celles avec les moins illustres mais non moins talentueux Nico Muhly, Skúli Sverrisson, Jóhann Jóhannsson ou Valgeir Sigurðsson.
Ces trois derniers, tous compatriotes de la demoiselle, sont d'ailleurs venus apporter leur discrète contribution, occupant respectivement les pupitres de basse, orgue et table de mixage.
Pour le reste et pour l'essentiel, à savoir le violoncelle (et accessoirement, zither, voix et processeurs) c'est Hildur en personne qui s'y est attelé. Et autant le dire d'emblée, aimer le violoncelle, âme dominante des lieux, est un pré-requis pour apprécier cet album. Tout au long de ce voyage, Hildur s'est attachée à retranscrire les sensations et émotions ressenties en observant les nuages, leurs apparences, leur genèse, leur va-et-vient. De ce simple fait, Without sinking
est par nature contemplatif, plutôt vaporeux et mélancolique.
Hildur y exécute et superpose un nombre de partitions plus ou moins conséquent, lui permettant d'échafauder des climats denses et enveloppants (Elevation), ou au contraire des pages plus minimalistes, où les notes s'étiolent, se font fugaces, jouent avec la stéréo et les nuances, ménageant espaces et respirations (Whiten).
Parfois, les coups d'archet sont plus francs et nets, impriment une cadence, faisant ainsi dériver ses compositions globalement ambient vers des pièces néo-classiques assez proches de l'univers des Rachels, dans un registre toutefois plus monochrome (Erupting light, Opaque, Into warmer air).
Ce caractère monochrome tend à s'estomper dès lors que les contributions se font plus présentes (la basse de Skúli Sverrisson qui vient imprimer un tempo, la clarinette du frère qui vient étayer le propos du minimal Aether), où que les notes pincées du zither résonnent de manière plus marquée (Aether, encore), renvoyant alors aux divagations sensibles et nostalgiques de Colleen.
[7.0]
Sébastien Radiguet

Hildur Guðnadóttir : Erupting Light

Tracklist :
01. Elevation (5:58)
02. Overcast (3:18)
03. Erupting Light (2:22)
04. Circular (4:19)
05. Ascent (4:43)
06. Opaque (3:51)
07. Aether (5:11)
08. Whiten (4:52)
09. Into Warmer Air (6:11)
10. Unveiled (7:12)

Durée : 48'00
Sortie : mars 2009
Label : Touch / La Baleine

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 22:14

Ayant pour caractéristiques communes de se présenter sous forme de CD éjectable et de confronter titres originaux à leur versions remixées, les sorties de la série Pragmatism viennent enrichir un catalogue Symbolic interaction déjà très prospère.

Inaugurant cette série, le japonais Hideki Umezawa propose un format court regroupant 4 pièces originales, dont les titres renvoient aux ustensiles de cuisine et aux arts culinaires en général.

Qu’à cela ne tienne, car même s’il est possible de déceler ça et là (moyennant une imagination sans failles) des raclements de spatule contre une poêle, des tintements de cuillère contre une tasse ; c’est plutôt vers la nature que semblent se tourner ces divagations électro-acoustiques aux vertus apaisantes. Empruntant les sillons creusés par des labels tels qu’apestaartje, 12k ou plop, Pawn mêle et déconstruit avec délicatesse fields recordings, textures électroniques microscopiques et scintillantes, sources acoustiques retravaillées (piano, guitare, boîtes à musique et autres sonorités au timbre cristallin) pour former des petits agglomérats diffus et abstraits, d’où émergent quelques esquisses mélodiques évasives.

S’en suivent 4 relectures peu dénaturantes quoique globalement plus rythmées (toute proportion gardée). Sur fond de pulsation lente et sourde, Chib sonne comme une excroissance féminine du We made it for you de The boats, surmontée d’une voix fragmentée et réduite à l'état d’onomatopées. Quant à fjordne, il aménage avec grâce un environnement enveloppant, rythmé de légers parasites. Mais l’un comme l’autre accentuent la composante organique en mettant en avant la partition de piano. Geskia termine l’exercice de relecture avec un remix bipartite intéressant : sa première composante explore des terrains électronica aux glitchs assez mordants (dans une veine comparable à celle développée sur son album Silent77), tandis que le second volet revient gentiment aux sources naturalistes du disque, en proposant une mélodie multi-couches croisant piano électrique et guitare digitalisée, où la nostalgie l’emporte, aidée en cela par des pépiements d’enfants.

De quoi s’offrir une parenthèse relaxante et songeuse.

[7.5]
Sébastien Radiguet

Pawn : cup + dishes (chib remix)


Tracklist
01. oven, sink
02. cup + dishes
03. tfal_c_stove
04. oil & bread
05. cup + dishes (chib remix)
06. oil & bread (fjordne remix)
07. oven, sink (geskia remix Parts 1 of 3)
08. oven, sink (geskia remix Parts 2 of 3)

Durée : 34'00
Sortie : mars 2009
Label : Symbolic interaction
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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 20:23
Un peu à l'instar de pages écrites avec des mots simples, mais dont le choix et l'agencement révèlent un sens profond, un sens caché, ou un double sens ; les pages de ces Trouble Books cultivent un certain paradoxe. Simplement belles de prime abord, construites à l'économie en apparence, elles divulguent à qui voudra bien s'y attarder une complexité sous-jacente, une large palette instrumentale (guitares, clarinette, violon, violoncelle, notes de glockenspiel partiellement inversées, boîtes à musique désarticulées, scie musicale un peu maussade, batterie discrète et hésitante, petits claviers cristallins, trompette...), jamais tapageuse, toujours humble et touchante.
La tournure prise par ce disque s'apparente parfois à une session intime dispensée par un Yo La Tengo apaisé, ou à l'oeuvre de Teamforest, avec une dose de flottement en plus, notamment sur On and on submerged ark et Cfhc où la voix mal assurée sur fond de pop-song ébréchée rappelle les touchantes confessions de Philipp Bückle.
Quant au caractère trouble associé à ces pages, on serait tenter de le rattacher à l'opacité et aux vapeurs qui émanent de cette trame ambient crayonnée à la manière d'un Dead texan ou d'un Bexar Bexar, par le biais d'apports de motifs de guitare flottants et scintillants (Strelka), ou dans une veine plus naturaliste, à la façon d'un Mountains, lorsque le piano électrique se fait déliquescent, que le mélodica et la trompette s'étiolent (On and on submerged ark). Sans oublier l'évocation furtive d'un Kevin Shields las et assagi, au travers du muret saturé qui ferme la marche de For all our dead friends.
Pour toutes ces belles raisons, et sans que je comprenne vraiment pourquoi, l'attachement à ces chansons intimes et à ce petit univers chancelant, en équilibre instable entre folk, indie-pop et ambient, est vite devenu irrémédiable.
[8.5]
Sébastien Radiguet

Trouble Books :
Cfhc

Tracklist
01. Beautiful thoughts from spanish and german soldiers
02. Strelka
03. Night of the pelican street sweeper
04. Shaky science
05. Transient color glories
06. On and on submerged ark
07. For all our dead friends
08. Cfhc
09. Abandoned greenhouse
10. Personal tornados

Durée : 30'35
Sortie : avril 2009
Label : Own records
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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 20:55
Après un Palabras qui conviait volontiers les nappes troubles, granitiques et pourtant très fréquentables de Tim Hecker, Fennesz ou Belong, le toulousain Denis Fedabeille alias Fedaden revoit sa copie en profondeur et s'inscrit avec Broader au panthéon des électroniciens qui comptent.
Construites avec une minutie exemplaire, les pièces de ce disque (toutes maîtresses) proposent une alternative de choix au ample et visionnaire Walls d'Apparat (le chant en moins, mais avec la griffe mélodique et la touchante humanité restées intactes : Buralta, The perfume et Sour en témoignent), en y incluant la densité symphonique d'un Bola et tout en faisant preuve d'une parfaite assimilation de l'enseignement inculqué par la grande école Warpienne. Rien d'étonnant donc à ce qu'on y croise des rythmiques percutantes et syncopées, aux angles saillants (la science d'Autechre a avantageusement et sournoisement déteint sur Lluvia et Key), des nappes au grésillement envoûtant et enveloppant, ou bien à la douceur déviante et profondément évocatrice.
Ici, l'âme et les tripes ont pris possession des machines, et Fedaden que l'on rebaptisera Fée d'argent pour l'occasion, nous délecte de ses mélodies versatiles et émouvantes : une Music box démantibulée confrontée à la rugosité de rythmiques robotiques et krautrock, une Mélodie pianistique déconstruite et craquelée, un Atlantis qui nous immerge de sa douceur cristalline, une ritournelle à la mélancolie ponctuée de clarinette basse et soulignée par le falsetto émouvant de Dominique A (Danseur inutile), sans compter toutes les autres...
Histoire de parachever le voyage, les nappes s'agencent en un ballet magique, d'abord rehaussé de bleeps futuristes (Vultures), puis mené par un pizzicato grave et lointain (en forme de réminiscence du célèbre Adagio d'Albinoni), un toy piano désarticulé à pleurer, sur un Contrecoeur prémédité, révélateur de la note sur laquelle on quitte ce disque en tout point réussi.
En d'autres termes, dire que 2009 verra éclore un autre album électro de cette envergure est un pari perdu d'avance.
[9.0]
Sébastien Radiguet

Fedaden :
Verdad

Tracklist
01. Verdad
02. Danseur inutile (feat. Dominique A)
03. Broader
04. Music box
05. Mélodie
06. Buralta
07. Lluvia
08. Key
09. Atlantis
10. The perfume
11. Sour
12. Vultures
13. Contrecoeur

Durée : 69'00
Sortie : juin 2009
Label : Nacopajaz
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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 20:45
Amateurs de douceurs et mélodies sensibles, fuyez prestement ! Versus grain est un disque luciférien, un majeur tendu bien haut à la scène musicale toute entière, fermement résolu à mettre systèmes nerveux et auditif à rude épreuve.
Brutal, radical, destructeur et inhospitalier, ce trou noir ne réserve ni pause respiratoire, ni rai de lumière.
En l'espace de 9 pièces assommantes, Cloaks mêle les remous dubstep et les basses abyssales d'un Burial glacial et corrosif, les climats anxiogènes d'un Dälek, les sonorités indus et robotiques d'Einstürzende Neubauten (une once de malmenage en sus), les expérimentations bruitistes de la clique Mego ou du sauvageon Merzbow ; le tout allègrement immergé dans un bain de textures à la granulosité digitale abrasive.
Inutile de préciser que les prestations live dudit groupe se soldent par une détérioration souvent irréversible du matériel.
Sur disque ou sur scène, les vertus oppressantes de ce char d'assaut sonique sont garanties.
[6.0]
Sébastien Radiguet

Cloaks :
Rust on metal

Tracklist
01. #00148
02. Junk
03. Against
04. #00162
05. Rust on metal
06. Sixmenace two
07. #00197
08. R.F.I.D.
09. Detritus

Durée : 34'40
Sortie : juin 2009
Label : 3by3
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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 20:35
Ici comme ailleurs, l'album Treny du polonais Jacaszek avait marqué bon nombre d'esprits par la mystérieuse profondeur de ses ambiances.
Se décomposant en dix parties, son successeur s'attache à dépeindre de manière sonore l'intérieur de vieilles églises gothiques basées à Gdansk. Plus abscons et moins mélodique, Pentral se focalise sur les ambiances minimales et obscures, où orgues, nappes et souffles sont légion, laissant filtrer quelques éléments percussifs épars à la résonnance assourdie, et quelques bruits environnants aux tonalités métalliques ou cristallines (cloches, triangle, toy piano, tous légèrement asphyxiés).
Globalement claustrophobe, conviant régulièrement des chorales angéliques, Pentral se rapproche par endroits des paysages de désolation et mortifères décrits par Bronnt Industries Kapital sur la BO du film Häxan, ou évoque les fusions dark ambient / néo-classique de Murcof (tout particulièrement sur le 3ème volet, avec ses va-et vient de piano et de samples symphoniques).
A ce jeu, Jacaszek parvient à une étonnante profondeur de champ (Part IV), lorsqu'il échafaude un crescendo d'orgue caverneux et un copieux empilement de strates de nappes et cordes.
Par deux fois, le polonais tire l'auditeur de sa torpeur en offrant des contrastes stupéfiants, pour ne pas dire terrifiants : d'abord, il nous assomme de secousses telluriques qui pourraient être le fait du jeu simultané de 50 orgues liturgiques s'époumonant (Part II) ; puis récidive sur un Part VI schizophrène par excellence, alternant calme mystique et feutré avec déferlantes d'orgue et de choeurs apocalyptiques.
Accompagné d'un DVD incluant la version Dolby 5.1 de l'album, ainsi qu'un documentaire signé Antek Grzybek, dressant le portrait de l'artiste et traitant de la genèse du disque, Pentral révèle une facette moins consensuelle et moins accueillante de son auteur.
[7.0]
Sébastien Radiguet

Jacaszek : Pentral 20part 20III

Durée : 35'50
Sortie : juin 2009
Label : Gusstaff records
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