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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 14:19
Passées les Friches épineuses et brouillonnes laissées par le grand enfant indiscipliné et bricoleur qu’est Geoffroy Séré, Believe constitue une belle porte d’entrée vers un univers touchant de sincérité et de spontanéité.
A l’instar des évènements et illusions qui rythment et peuplent une existence, Le temps qui passe ressemble à un recueil d’instantanés, où il est question d’histoires tantôt saisissantes de vérité glaçante (La distance aux choses, et sa lucidité d’adulte face à l’injuste assommoir du cancer), tantôt fantaisistes et nourries par les souvenirs d’enfance.
Sur un mode bilingue tour à tour chantant et récitant, ornementées d’une instrumentation mi-traditionnaliste (guitare, claviers, ukulélé) mi-dépaysante (doutar ouzbek, balafon, épinette des Vosges), les chansons de Tycho Brahé oscillent entre un folk gentiment agité du bocal (un Folk digne d’un Shugo Tokumaru amputé d’un doigt de jovialité), et une musique davantage respectueuse de ses racines rurales et boisées (il y a du Aerial M et du Jim O’Rourke dans l’air), quoique parfois auréolée d’une douce crudité (Brut comme du verre dépoli). Régulièrement mais parcimonieusement saupoudrée d’instruments jouet et autres trouvailles impertinentes, sa musique s’offre quelques divagations ludiques et légères, à voir comme autant de mignardises Coméladiennes (Filaments et La grande inondation où toy piano et sonorités badines gambadent en toute impunité). Mais tout cela n’altère en rien la mélancolie sous-jacente, qui fait surface dès lors que la perspective de Sortir de l’hiver débouche sur une quasi-impasse (” Mais pour aller où ? ” rétorque-t-il). Et ça n’est pas cette voix centenaire et chagrine exhumée des archives poussiéreuses d’Europe de l’Est qui semble prétendre le contraire.
[7.5]
Sébastien Radiguet

Tycho Brahé :
Believe

Tracklist :
01. Friches
02. Believe
03. Filaments
04. Brut
05. La distance aux choses
06. Fatigue
07. La grande innondation
08. Folk
09. Le saut de la mort
10. Cavalcade
11. La parade des souris
12. Pleure une rivière
13. Sortir de l’hiver
14. Himalayan queen
15. Nightlife
16. Souvenirs
17. L’apparition de la beauté

Durée : 39'55
Sortie : mars 2009
Label : Les Disques Normal / Cod&S

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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 23:25
Alors que notre ami Beirut remanie et édulcore avec tact le folklore est-européen pour lui assurer un transfert sans heurt dans les sphères pop, A Hawk And A Hacksaw a pris le parti de jeter l'ancre dans ces mêmes contrées pour coller au plus près des racines musicales balkaniques.
Avec une authenticité irréprochable, une virtuosité hors-pair, Jeremy Barnes, son insécable moitié (la violoniste prodige et funambule Heather Trost) et le Hun Hanga Ensemble (une bande d'autochtones hongrois) bluffent et transportent avec leur tempi allant presto, enivrent avec un panel riche en couleurs harmoniques, profondément inspiré par les musiques traditionnelles hongroises et roumaines, bien que laissant émaner quelques influences moyennes-orientales.
Au milieu de cette troupe folklorique maîtresse d'un art ancestral et non dénaturé, où violons, accordéon, percussions et spécialités locales (bouzouki, cimbalom) sont rois et reines, l'immersion n'a rien de factice : l'effervescence, l'énergie et l'euphorie porteuse d'une mélancolie diffuse y sont si palpables et authentiques qu'y être ou ne pas y être reviendrait sensiblement au même. Unique et remarquable.
[8.5]
Sébastien Radiguet

A Hawk And A Hacksaw :
Kertész


Tracklist :
01. Foni Tu Argile
02. Kertész
03. The man who sold his beard
04. Hummingbirds
05. Raggle Taggle
06. I am not a gambling man
07. Turkiye
08. Zibiciu
09. Vasalisa carries a flaming skull through the forest
10. Lassú

Durée : 37'45
Sortie : mai 2009
Label : Leaf

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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 23:13
Moitié du duo Beneva vs Clark Nova, le norvégien Benjamin Finger a toujours éprouvé le besoin d'une échappée solitaire, ne serait-ce que pour nous faire part de sa vision personnelle et minimale de la chose musicale.
A l'image des productions de l'école apestaartje, Woods of broccoli constitue un patchwork électro-acoustique des plus apaisants, à la fois doux et expérimental, instable et uniforme.
Benjamin y traite les guitares acoustiques à la manière de Mole Harness, et les laisse fricoter avec celles résolument pastorales et rêveuses d'Epic 45 (Woods of broccoli), nous gratifie d'élégies pianistiques dignes de Nest, capables de s'accommoder indifféremment de chants célestes et cordes vaporeuses (Cat yowled Weak jaws), ou de bidouillages frétillants, de bandes magnétiques inversées et défaillantes, de textures scintillantes (Unestablished gossip).
Sur cette trame songeuse se greffent des voix falsifiées et mal assurées, souvent utilisées à des fins instrumentales, à deux doigts du chant en yaourt, un tantinet éreintantes lorsqu'elles s'obstinent à frôler les frontières du faux (Little sparkling mist, Howl at the Buffalo girls). Ce reproche laissé de côté, Woods of broccoli demeure un agréable cocon sonore.
[7.0]
Sébastien Radiguet

Benjamin Finger :
Watermelon deserts


Tracklist :
01. Woods of broccoli 
02. Little sparkling mist
03. Unestablished gossip
04. Failing watermath
05. Dahound scratched his head
06. Closely digested youth
07. Throath travelled yellow Hiii
08. Cat yowled Weak jaws
09. Watermelon deserts
10. Howl [at the Buffalo Girls]

Durée : 40'30
Sortie : mars 2009
Label : How is Annie records

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 22:27
Déterminés à harponner leur auditoire grâce à une accessibilité pop grandissante, les genevois de Sinner DC continuent de forger leur identité sonore.
Plutôt uniques en leur genre, ces petits suisses élaborent mieux que quiconque des réseaux complexes de nappes opaques et cramées par le soleil, indissociables de la stratosphère, jouant en permanence avec les oscillations, les ondulations, la panoramique, les va-et-vient, pour filer le parfait accord avec des rythmiques vigoureuses et inébranlables, et un chant brouillé sous effets, toujours là pour prêter main forte aux titres qui n'écoperont pas au qualificatif de tubes en puissance (Anyway, The medium is the message, Glass alley).
Histoire de calmer ce jeu qui rend accro, le trio ralentit volontiers la cadence, d'abord sur l'apaisant et rêvasseur V, puis sur Digital dust et Coast où les voix s'effilent au point de devenir célestes, le groove devient lancinant, les nappes se parent de scintillements, toujours soutenues par un squelette rythmique.
Quelque soit l'angle d'attaque, Sinner DC est systématiquement imparable, et pour en juger, il suffit d'imaginer le scénario suivant : Ulrich Schnauss boulimique de shoegaze, le cénacle Border Community avide de pop, Port-Royal en route pour la piste de danse, M83 en partance pour celles aux étoiles...et tout ce beau monde simultanément frappé par le virus cosmique du kraut motorisé et robotique. Un casting de rêve pour un scénario idyllique.
[8.5]
Sébastien Radiguet

Tracklist

01. Go for the stream
02. Anyway
03. Golden horses
04. The medium is the message
05. V
06. Sunrized
07. Glass alley
08. Digital dust
09. Coast

Durée : 42'00
Sortie : avril 2009
Label : AI records / La Baleine
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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 22:19
Si de prime abord, ses origines montréalaises aidant, Torngat pourrait faire simple figure de énième composante de la vaste scène post-rock, il se départit aisément de la masse grâce à une griffe musicale toute singulière.
Même si par certains aspects, dans leur façon d'échafauder les compositions et de soigner les mélodies, Torngat s'apparente à un écho miniature de Do Make Say Think, ils s'en distinguent par un usage très modéré des guitares et une batterie moins loquace (quoique ces deux réunis contribuent à faire de L'école pénitencier et Turtle eyes & fierce rabbit, deux petits classiques fiévreux du genre, légèrement bruitistes, mais très pudiques). A l'habituelle panoplie, Torngat préfère le recours à de bons vieux claviers au teint brouillé, noyés dans une douce saturation brumeuse (piano électrique et orgue en tête d'affiche, mais au profil bas). Cette palette sonore trouble se met au service de mélodies filmiques (Interlude et La petite Nicole à la beauté délicate, Afternoon moon pie, illuminé de touches pointillistes de glockenspiel), et d'ambiances contemplatives (6:23 p.m.), et dégage au final quelque chose de paradoxalement majestueux, un caractère non démenti sur Going whats what, mené par une trompette solennelle mais jamais pataude. Du bien bel ouvrage.
[8.0]
Sébastien Radiguet

Tracklist

01. Interlude
02. La petite Nicole
03. L'école pénitencier
04. Afternoon moon pie
05. 6:23 pm
06. Turtle eyes & fierce rabbit
07. Going whats what

Durée : 38'05
Sortie : mars 2009
Label : Alien 8 recordings
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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 22:07
Derrière les albums des frères Farthling, il y a toujours eu un fil conducteur narratif, des histoires et décors troubles, souvent glauques.
Et ce troisième opus, encadré de pièces aux cordes vespérales et au piano anxiogène (Frontplate et son écho Endplate), ne déroge aucunement à cette sacrosainte règle.
Sur une trame électronique scrupuleusement agencée, tissée au fil analogique (tel un Gnac ou un Ellis Island Sound le moral en berne), Reigns aime tracer des lignes de piano nécessairement contemplatives, dessiner des boucles de guitare rêveuses et étirées comme chez Epic 45, ou bien tournoyantes et champêtres comme chez State River Widening (Mirrors at night).
Là où la paire fraternelle impose sa singularité, c'est en griffant ses morceaux à coup de samples à l'identité douteuse et non rassurante, et en incorporant des voix toujours falsifiées, humaines, robotiques et animales à parts égales (Crex, Crex, Crex), à cheval entre la psalmodie vindicative et le phrasé extra-terrestre de la troupe Anticon qui s'est un jour invité dans l'inusable Cold House de Hood (Mab crease). Si Reigns s'autorise quelques douceurs chagrines (Vaulted ou Your tiny hand is frozen, nostalgique comme du Tiersen), cette étrange alchimie atteint son apogée sur The black cramp, titre captivant à la fébrilité grandissante.
Eu égard à ses qualités, il est fondé de présager à ces sérieux et méticuleux Reigns le même sort qu'aux indisciplinés Thee more shallows, à savoir quitter la maison Monotreme pour l'écurie transgenre et abâtardie Anticon.
[8.5]
Sébastien Radiguet

Tracklist

01. (Frontplate)
02. Bad slate
03. Everything beyond these walls has been razed
04. Mirrors at night
05. Crex, Crex, Crex
06. Vaulted
07. Mab crease
08. Take it down
09. Your tiny hand is frozen
10. The black cramp
11. (Endplate)

Durée : 43'00
Sortie : mars 2009
Label : Monotreme / Differ-ant
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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 20:56
Sa discographie personnelle tout comme ses diverses collaborations (de l'accessibilité pop des Mountain Goats à l'extrémisme agité de John Zorn) sont là pour en attester : Erik Friedlander est doté d'un éclectisme indécrottable.
Après s'être amusé à pervertir et repousser les limites de l'americana sur Block Ice & Propane, voilà le talentueux violoncelliste fermement décidé à implanter son instrument de prédilection dans la grande famille du jazz, venant par là même offrir un joli contre-pied à l'immuable et noble formule piano-contrebasse-batterie.
Entouré de deux grosses pointures de la scène jazz new-yorkaise (le batteur Mike Sarin et le contrebassiste Trevor Dunn), et imprégné des classiques du genre signés Charlie Parker, Lester Young ou Count Basie que son père aimait à écouter inlassablement, Erik Friedlander dévoile une énième facette de sa personnalité et de son talent, en privilégiant ici le fingerpicking, une spécialité dont il est devenu un maître incontesté.
Prendre et donner, être perpétuellement à l'écoute de l'autre, mettre sa technicité et son érudition musicale au service d'une classe sobre et évidente, plutôt que d'une supériorité affichée, telles sont les principes qui nourrissent ce trio qui doit son nom à une anecdote dont le bassiste Oscar Petitford fit les frais, contraint qu'il fût de troquer sa contrebasse pour un violoncelle réaccordé suite à une fracture du bras.
Si une bonne partie des titres tutoie les classiques du jazz swinguant des années 60 (Big shoes, In the spirit, Tiny's), d'autres se parent du balancé et des harmonies tziganes chères à Django Reinhardt (Spinning plates, Pretty Penny, Easy), ou naviguent quelque part entre ballade jazz romantique (Ink) et volupté du tango de haut étage (Pearls).
Egalement soucieuse de chambouler le préétabli, la triplette injecte un souffle de modernisme dans cet exercice en forme d'hommage, se plaisant à jouer sur les dissonances (Knife points), à deux doigts du free-jazz (Cake) ou de la déconstruction ludique et affranchie (Jim Zipper), sans jamais être pénible.
Pour qui s'intéresse un tant soit peu au jazz, The broken arm trio donne beaucoup à apprendre et à apprécier.
[8.5]
Sébastien Radiguet

Tracklist

01. Spinning plates
02. Pearls
03. Knife points
04. Jim Zipper
05. Pretty Penny
06. Easy
07. Cake
08. Buffalo
09. Hop skip
10. Ink
11. Big shoes
12. In the spirit
13. Tiny's

Durée : 49'10
Sortie : mars 2009
Label : Skipstone records
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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 20:45
Aux antipodes d'une scène transgenre, déglinguée et déraisonnable menée par les pontes Animal Collective et Gang Gang Dance, on trouve à New-York The Fatales, un quatuor tout de noir vêtu, comme pour mieux refléter le sérieux qui les caractérise et les teintes qui colorent leur musique.
Tout commence comme si Logh s'était approprié les climats troubles de Mr Lynch, aidé en cela par des arrangements de piano et de cordes qui relèvent de la dramaturgie (un cachet que Violette ne démentira pas), d'une pulsation rythmique un rien flippante qui se mue en une batterie tout aussi martiale que la basse est caverneuse ; venant trahir une appétence pour une new-wave solennelle, et plus précisément pour la noirceur glacée et venimeuse de I Love You But I've Chosen Darkness ou Piano Magic.
Ce parallélisme avec les adorateurs du noir et du marbre, il est légitime de le palper, il est bel et bien présent, matérialisé par une ossature rythmique inébranlable et galopante, un horizon mouvant et clair-obscur émaillé d'enluminures synthétiques et de guitares virevoltantes, fières et droites comme des i, et par un chant qui n'hésite pas à s'emballer et à s'égarer sur les planches de la théatralité. A moins qu'il ne préfère jouer la carte du romantisme, au détour de ballades vénéneuses qui captivent par leurs orchestrations ombrageuses (Old painter, Torches) ou au contraire se révèlent un peu vaines (Stadtpark, sa mélancolie un peu facile et ses allures de slow aux arrangements un poil trop apprêtés).
Ce bémol mis de côté, Great Surround en impose par sa droiture générale et son tube central incontestable Vanishing Act, titre propulsif qui renvoie U2 et Coldplay réunis sur les bancs d'école et parvient à donner des ailes à chaque retour de caisse claire qui claque.
[7.5]
Sébastien Radiguet

Tracklist

01. Evergreen
02. Islands of fortune
03. Old painter
04. Eveningwear
05. Vanishing act
06. Stadtpark
07. Darkened country
08. Violette
09. City en route
10. Torches

Durée : 39'30
Sortie : avril 2009
Label : Monopsone / Differ-ant

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 20:34
A l'instar de ces simili-cabanes faites de branchages, de bric et de broc, la musique d'Arborea tient à peu de choses, joue les cartes de la simplicité et de la nudité pour mieux dévoiler son charme délicat.
Adeptes d'un folk boisé et sans âge, Buck et Shanti Curran sont probablement allés puiser une part de leur inspiration dans les montagnes Appalaches. Sinon comment expliquer que ce fin nouage de banjo joué en fingerpicking, que ces menus claquements de main et percussions aux consonances ethniques coiffés d'une voix féminine satinée nous soient aussi familiers (River and rapids, Alligator, autant de titres en synergie avec Dame Nature flirtant avec les répertoires d'Alela Diane et Vashti Bunyan).
Là où le couple se montre le plus captivant, c'est lorsqu'il laisse vibrer et résonner  ses instruments à cordes (guitares acoustique, électrique, slide) pour arborer un style spectral, similaire à celui très prisé de l'envoûtante Marissa Nadler (Beirut), ou quand il progresse avec la lenteur mystérieuse et hivernale d'un couple resté trop longtemps silencieux : Mi & L'au (Dance, sing, fight).
En fin de disque, quelques vaguelettes de psychédélisme viennent verser de leur écume, comme sur le morceau titre, où un tapis de notes digitalisées et inversées se déroule pour faire place à un drone d'harmonium et à l'électricité ensorcelante d'une slide guitar, celle-là même qui baignait les eaux de Charalambides.
Qu'on se rassure : le postulat comme quoi les choses les plus simples sont souvent les plus belles n'est pas encore en voie d'ébranlement.
[7.5]
Sébastien Radiguet

Tracklist

01. River and rapids
02. Beirut
03. Alligator
04. Dance, sing, fight
05. Look down fair moon
06. House of sticks
07. Onto the shore
08. In the tall grass

Durée : 32'20
Sortie : février 2009
Label : Borne recordings / Acuarela

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 21:05
Mon premier contact avec David Stith a eu lieu au détour de la compilation A weevil in a biscuit éditée par le label Bearsuit, qui dévoilait une âme ébréchée, un crooner dépressif et étrange flanqué derrière son piano, autour duquel gravitaient des choeurs célestes et irréels.
Depuis lors, l'âme en question est restée intacte, à peu près aussi amochée, hantée par un Heavy ghost si pesant qu'ils en devient omniprésent et exerce un pouvoir de fascination évident sur le bonhomme.
Passé l'introductif Issac's song, sorte d'exercice d'exorcisme traversé par une transe shamanique ou sectaire, aussi dérangé que dérangeant, on retrouve un piano élégiaque, un jeu rythmique incertain et retenu, des cordes pincées presque éteintes au service de compositions floues dont le décodage nécessite un peu de persévérance. D'ailleurs, Pity dance et quelques autres titres, avec leur airs funambules, leurs éléments composites, s'imposent comme les cousins religieux du Marla de Grizzly Bear.
Cet étonnant et mystérieux songwriting, perpétuellement orné de choeurs angéliques en lévitation, chuchotant du haut de la nef (allant jusqu'à concerter dans un dédale de croisements et superpositions), aime aussi souffler un vent de lyrisme épique, profiter de la gravité du piano pour faire écho au Pyramid song de Radiohead (GMS).
Et parce que l'artiste polyvalent est aussi un proche de Shara Worden, on trouve en toute logique des apparats de cordes classieuses, notamment sur l'élégant Fire of birds, située entre classicisme et surréalisme, à équidistance masculine de My Brightest Diamond et d'une Joanna Newsom ecclésiastique.
[8.0]
Sébastien Radiguet

Tracklist

01. Isaac's song (1:38)
02. Pity dance (4:21)
03. Creekmouth (4:10)
04. Pigs (4:54)
05. Spirit parade (2:23)
06. BMB (2:43)
07. Thanksgiving moon (3:59)
08. Fire of birds (5:13)
09. Morning glory cloud (3:56)
10. GMS (2:35)
11. Braid of voices (5:26)
12. Wig (2:35)

Durée : 43'50
Sortie : mars 2009
Label : Asthmatic Kitty / Differ-ant

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