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31 mars 2007 6 31 /03 /mars /2007 14:51
Que ce soit seul ou au sein du duo Klangwart, qu’il menait aux côtés de Markus Detmer (patron du label Staubgold), Timo Reuber avait jusqu’alors accouché de 3 albums dans chacune des configurations. Südpol est son quatrième album solo et on y entre avec une impression de retour aux sources de la musique électronique germanique, celle qui doit tant au krautrock, avec sa bas(s)e rythmique binaire et rigide, tout en répétition, des sonorités plutôt froides (Altweiber, Tagebuch, Auf auf). Sur cette trame, Reuber incorpore souvent des nappes aux ondulations psychotropes, tantôt crasses et légèrement rugueuses (Amundsen), tantôt minimales, formant des sinusoïdes de faible amplitude (Dominique B). Mais à plus d’une reprise ses morceaux s’écartent de ce schéma, incorporant des percus réalistes, syncopées et tribales (Tausendnadelwind), ou en invitant la guitare de Joseph Suchy (par ailleurs en charge de la production de l’album), qui vient apporter un supplément d’âme rêveuse et chaleureuse (les douces sonorités de Südpol et Sonnenbad). Mieux, lorsque Reuber s’attèle au modelage de mélodies, comme sur l’exquis Nar von (en écoute sut le MySpace de Staubgold), il décroche là un hit, à seulement quelques encablures du projet Duo505 auquel avait contribué Bernhard Fleischmann.
En guise de dénouement, Reuber liquéfie notre matière grise avec des nappes lysergiques, des voix d’aborigènes fantomatiques et ésotériques, sur fond de rythmique lointaine et atteinte de tachycardie : égarement garanti à l’issue de ces 12 minutes caudales.
Ni dans l’air du temps, ni à contre-courant, Südpol, avec ses sonorités sans attache temporelle, se fout des modes et pourrait constituer une bande-son des premières expéditions spatiales.
(7.5)
Sébastien Radiguet
 
Staubgold - 16 février 2007
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31 mars 2007 6 31 /03 /mars /2007 14:46
En 2004, Propergol y Colargol publiait chez Autres directions in Music son premier album, Charly Roger - Songs for fuzzycandy. Trois ans plus tard un hommage est rendu à ce Monsieur Roger par 18 groupes et artistes, soit rencontrés sur le net, soit amis ou plus simplement appréciés de Reno Berthou, l’un des fondateurs de Diesel Combustible et moitié de PYC. Plus qu’un album de remix au sens strict du terme, Ode to Roger est davantage un recueil de titres ayant puisé leur inspiration dans la globalité de l’album souche, plutôt que dans ses composantes prises isolément.
C’est avec une certaine logique que l’on se retrouve ici confronté à des compositions aptes à immerger l’auditeur, même si chaque artiste procède à sa manière et y imprime sa propre identité. Ainsi, qu’il s’agisse du post-rock stratosphérique sur fond de batterie réelle des Destroyalldreamers et Below the sea, ou des chansons dénudées de Giardini di miro coopérant avec les guitares et les manipulations numériques parcimonieuses de Populous, c’est constamment en direction des astres que les yeux et les oreilles sont tournées. Les titres d’Eluvium et Erstlaub en sont des preuves flagrantes : l’un comme l’autre étoffent et étirent leur propos sur plus de 7 minutes parcourues de nappes électrisées pour le premier, plutôt électroniques, légèrement dissonantes et inquiétantes pour le second. A l’inverse, d’autres comme Lapintade, passent sous la barre des 2 minutes pour proposer un intermède mêlant harpe digitalisée et digressions ludiques. Soundclub pioche allègrement et avantageusement dans la copieuse assiette du shoegazing, tandis que les Tomcats in Tokyo versent dans une électronica crunchy et punchy comme ils savent si bien le faire. De la même manière, Tunng perce dans le domaine où il excelle, à savoir celui d’un folk faisant le grand écart entre passé et présent, confrontant banjos et clochettes avec des programmations rythmiques aux accents tribaux. Ylid fait plutôt dans la poésie mélodique, avec des vers emplis de guitares claires fragmentées, vite envahies de nuées d’insectes digitaux. Plus loin, Bertuf surprend en suçant la roue de Désormais, proposant une mini-symphonie déconstruite parcourue de remous et soubresauts. Puis viennent les plages d’Accrual et Stylus, plus ambient et abstraites, un peu plus hostiles aussi, nous plongeant dans un microcosme numérique étrange et venté. Changement de registre pour le point final apporté par le piano minimal et élégiaque à souhait d’Hélios, cerise d’un gâteau copieux et aux saveurs variées.
(8.0)
Sébastien Radiguet
 
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31 mars 2007 6 31 /03 /mars /2007 14:37
Rykestrasse 68, c’est précisément le lieu de résidence berlinois occupé par Hanne Hukkelberg durant 6 mois, période nécessaire à la germination de l’album du même nom. Sa récente consécration aux Grammy awards norvégiens n’est pas sans soulever un certain nombre de questionnements, notamment sur la crédibilité de ce genre de récompense d’un pays à l’autre. Bref, toujours est-il qu’en Norvège, dans ce cas précis, il semblerait qu’on ait les oreilles moins crottées et plus fureteuses qu’ailleurs.
 Après un premier album (Little things) paru sur le classieux label Leaf, ce second opus déjà sorti dans son pays natif, fait son apparition à retardement dans nos contrées. Même si l’on retrouve avec plaisir ces petites chansonnettes qui semblent ne tenir qu’à peu de choses, nul doute qu’Hanne Hukkelberg a pris du poil de la bête. Sa voix à cheval entre la chanteuse d’antan et la frêle poupée scandinave a conservé son charme intact, tout en prenant un peu d’assurance. Cette voix, qui apporte une lourde contribution au caractère du disque,  se suffirait presque à elle-même, charme lorsqu’elle dialogue avec un unique violoncelle (le paradoxalement nommé Obelix, si fragile), nous plonge dans un film noir et blanc, profitant du soutien de quelques accords de piano et de bandonéon, quelques notes pincées à la contrebasse (The pirate). Ces chansons, dont l’aspect chétif et bricolé peut rappeler la bedroom pop des soeurs Cocorosie (instruments jouets, claviers Casio, rythmiques faites de brics et de brocs, de claquements de doigts, de mains....), bénéficient d’orchestrations plus soignées et étoffées, prennent souvent des directions et envols pour le moins surprenants (le refrain swing de Cheater’s armoury, par exemple), clament fort leurs envies de grands espaces, invitant alors des cordes et choeurs angéliques (The northwind), dérivent de couplets fleurant l’artisanat lo-fi vers des refrains dignes de la haute couture façon Stina Nordenstam, voire la Björk des débuts (le tube Ticking bomb qui roule des mécaniques implacables).
 Mais pourquoi donc Leaf n’a pas joué des pieds et des mains pour renouveler la signature de cette poupée voleuse ?
(8.5)
Sébastien Radiguet
Nettwerk - 2 avril 2007


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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 18:40
Comme tous les ados, Matthew Thomas Dillon a eu droit à son lot de questionnements, de peines de cœur, et a choisi la musique comme exutoire, enregistrant reclus dans sa chambre, muni d’un 4-pistes rudimentaire et de quelques claviers entreposés sur son lit. A cette époque déjà, il avait à l’esprit qu’un jour il enregistrerait un disque ambitieux, apte à tomber dans le domaine public. Et c’est peut-être le sort qui attend ce Puddle city racing lights de Windmill, nouvelle signature d’une écurie Melodic qui tend des bras de plus en plus longs vers la pop, et premier album pour lequel Dillon a pu disposer d’un studio digne de ce nom et bénéficier du soutien de musiciens d’Alfie et The earlies.
Il est vrai qu’avec son grand piano dramaturge, véritable colonne vertébrale de l’album, ses cordes et chœurs grandiloquents, sa batterie aux cymbales cinglantes et claquantes, qui ne sont pas sans rappeler Mercury Rev (la spatialité en moins), et dans une certaine mesure Arcade Fire (la fougue en moins) ou les Flaming Lips (sans la richesse et le génie azimuté, entre autres), ces 12 morceaux ont potentiellement de quoi satisfaire un large public. Mais ils ont également de quoi en rebuter certains, ne serait-ce que par cette voix nasillarde de canard dépressif qui ne sera pas du goût de tous, et surtout la dimension un peu trop théatrale et mélodramatique que peut revêtir sa musique. Des bémols qui, en dépit d’une certaine efficacité d’écriture (palpable sur les titres d’ouverture), peuvent conduire à douter de la crédibilité et de la sincérité des propos tenus par son auteur.
(7.0)
Sébastien Radiguet
 
Melodic - 9 avril 2007
 
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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 18:22

pequeña fiera! c’est le projet solo d’un espagnol qui joue une petit musique de chambre (d’enfants) avec des instruments jouets aussi divers que variés et avec lesquels il donne vie à une musique touchante et pleine de grâce. Une musique pour les enfants comme pou les adultes, éthérée et très douce, pleine de mélancolie, de poésie, comme on peut s’en rendre compte en écoutant ce petit album 12 titres sorti sur le netlabel rain music. Une jolie symphonie pour ours en peluche à écouter sans modération. Et si tout ça vous plait bien, vous pouvez aller découvrir le reste de son œuvre sur error lo fi recordings, un autre netlabel très chouette.

Télécharger "12 songs with no words and a toy piano" (zip)  33' - rain music - 2007

écouter : pequeña fiera! : "Belker"


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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 18:02
Depuis quelques mois, le label Moteer a nettement augmenté la fréquence de ses sorties. Quelques semaines seulement après la musique en cristal soufflé du japonais Aus, place à celle embuée du berlinois El Fog, dont le Reverberate slowly débute et termine sur les traces de Pole, avec une dose de rigidité en moins. On retrouve en effet sur Mountain dub, Silent soaring, Own frequency, own time ce dub aquatique parcouru d’ondes pulsatives sourdes, imprimant un tempo quasi-léthargique.
 Toujours minimale et souvent nocturne, laissant graviter autour d’elle des résidus granulaires et crépitants, des clapotis aqueux, la musique d’El Fog sait se faire plus statique et abstraite, s’orientant vers de jolis exercices de maniements de la matière sonore (El cloud, proche de l’esthétique Mille plateaux). A plusieurs reprises ce rideau digital embué laisse transparaître des esquisses mélodiques pouvant être le fruit de vibraphone ou de rhodes gorgés de reverb et de vapeur (Own frequency, own time, ou Out woods qui nous renvoie aux Remote viewer), de pianos disloqués ou cramés par la saturation (Lily), d’arpèges de guitare espagnole invitant au farniente (The fog of the far small town), ou encore de samples découpés de cabaret enfumé (piano et contrebasse constituent le noyau de l’Olive et de Smoke and satellites).
 El Fog, Reverberate slowly, une pochette à l’obscurité un rien trouble : rien qu’un simple épluchage des signes extérieurs nous en apprend beaucoup sur cette musique nocturne voilée de buée, où lentement se font écho des bribes mélodiques réverbérées.
(8.0)
Sébastien Radiguet

Moteer  - 19 mars 2007
 
 
 
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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 17:55
Les détonations et échos de The earth is not a cold dead place avaient permis au quatuor texan Explosions in the sky de gagner la reconnaissance d’un public relativement large, et sont peut-être même une des explications à la signature chez le label Bella union. Face à un public acquis, les texans avaient le choix entre lui apporter une suite réconfortante ou bien oser les prendre à contre-pieds. A l’écoute de All of a sudden i miss everyone, on en déduit qu’ils ont tranché et choisi la première option.
 Le quatuor, fidèle à sa configuration (2 guitares, 1 basse, 1 batterie), l’est également en matière de respect des codes du post-rock instrumental et épique. Les texans continuent de faire ce qu’ils savent faire, s’appliquent tout autant à instaurer des climats qu’à les chambouler brusquement. On passe sans crier gare de plages paisibles faites de mélodies réverbérées générées par des guitares cristallines, à des rugissements et effusions de larsens, des cataclysmes électrifiés emmenés par des roulements de tambours militaires, une section basse-batterie propulsive et chevaleresque conviant l’auditeur à un spectacle triomphant et théâtral.
 Si l’apport ponctuel d’un piano déversant quelques cascades de notes perlées est chose inédite chez Explosions in the sky, force est de constater que ce nouvel album, même s’il est soigneusement arrangé, aurait davantage marqué les esprits si ses auteurs s’étaient risqué à pervertir et dynamiter les codes établis d’un genre musical qui n’attend que ça.
(7.0)
Sébastien Radiguet
 
 
 
 
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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 17:39
 Ben Edwards, que l’on savait friand de synthés et de machines, a choisi de renouer avec des amis de longue date, en l’occurrence Dave Nice et Sid Stronach, pour apporter d’abondantes touches acoustiques, jusque là quasi absentes de ses projets solo (Benge) et duo (Stendec).
Enregistré sur une période 2 ans, à l’occasion de week-ends passés dans une ferme du Sommerset, puis retouché dans le studio londonien de Ben, Indicator affiche des couleurs très champêtres, mises en son par des pianos Steinway ou Rhodes, tout aussi détendus l’un que l’autre, une contrebasse à la profondeur étonnante (chapeautés d’accents jazzy sur Theydon bois ou Sketches of staines), un violoncelle, une harpe et une petite kyrielle de guitares brodeuses de mélodies répétitives, éprises d’une liberté qui fleure bon l’air campagnard. Un air capté puis réinséré sous forme de fields recordings (piaillements d’oiseaux, eaux ruisselantes, moteurs de voiture…) qui viennent régulièrement ponctuer ces escapades non dénuées de relents urbains (A303). Ben, à l’aise derrière ses machines, enveloppe ces motifs de matière synthétique soyeuse, de rythmiques sobres, exemptes de gimmicks superficiels. Au final, si l’identité de ce projet nous avait été cachée, on aurait pu y voir une version à la production bien léchée d’Ellis island sound (comparaison flatteuse à souhait !).
Un bien joli disque qui vient confirmer l’orientation acoustique et naturaliste récemment prise par Expanding
(8.0)
Sébastien Radiguet
 
Expanding 18 décembre 2006

 

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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 22:58
Aviator Lane est un projet australien conduit par le songwriter Michael Radzevicius qui, avec son ordinateur et quelques instruments, parvient à donner vie à un disque flamboyant et mélancolique à souhait. Après un premier ep paru en 2006 today the hills are closed, il revient nous donner un nouvel échantillon de son savoir-faire ; celui de composer des folk-songs lentes et empruntes de vague à l’âme, construite à la fois avec des instruments traditionnels mais aussi avec des sonorités électroniques, notamment pour les beats.

Le résultat donne un mini album folk-tronica très réussi, très beau, rempli de chouettes harmonies, d’arpèges de guitares lumineux, aux ambiances contrastées qui nous font espérer un véritable premier album tout aussi enjoué.
(8.0)
Benoît Richard


www.patternsinstatic.com

www.aviatorlane.com.au

http://www.myspace.com/aviatorlane

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28 mars 2007 3 28 /03 /mars /2007 10:50

 

mp3 > Panda bear – Comfy in Nautica
Album : Person pitch (Paw tracks, 2007)
Lien :
www.myspace.com/rippityrippity

mp3 > Dntel – The distance
Album : Dumb luck (Sub pop, 2007)
Lien :
www.myspace.com/dntel

mp3 > The more shallows – Night at the knight school
Album : Book of bad breaks (Anticon, 2007)
Lien :
www.myspace.com/theemoreshallows

mp3 > The sea – I enclose a gift
Album : The boats are in the bay (Music related, 2007)
Lien :
www.musicrelated.net

mp3 > Nest – Marefjellet
Album : Nest (Serein, 2007)
Lien :
www.serein.co.uk

mp3 > Colleen – Sea of tranquillity
Album : Les ondes silencieuses (Leaf, 2007)
Lien :
www.colleenplays.org

mp3 > Rivulets - You sail on
Album : (Important, 2006)
Lien :
www.myspace.com/rivulets

mp3 > Ola Podrida – Lost and found
Album : Ola podrida (Plug research, 2007)
Lien :
www.myspace.com/olapodrida

mp3 > Cocorosie – Rainbowarriors
Album : The adventures of ghosthorse and stillborn (Touch & go, 2007)
Lien :
www.myspace.com/cocorosie

mp3 > Montag – Best boy electric
Album : Going places (Carpark, 2007)
Lien :
www.myspace.com/montagmontag

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