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31 mars 2007 6 31 /03 /mars /2007 14:46
En 2004, Propergol y Colargol publiait chez Autres directions in Music son premier album, Charly Roger - Songs for fuzzycandy. Trois ans plus tard un hommage est rendu à ce Monsieur Roger par 18 groupes et artistes, soit rencontrés sur le net, soit amis ou plus simplement appréciés de Reno Berthou, l’un des fondateurs de Diesel Combustible et moitié de PYC. Plus qu’un album de remix au sens strict du terme, Ode to Roger est davantage un recueil de titres ayant puisé leur inspiration dans la globalité de l’album souche, plutôt que dans ses composantes prises isolément.
C’est avec une certaine logique que l’on se retrouve ici confronté à des compositions aptes à immerger l’auditeur, même si chaque artiste procède à sa manière et y imprime sa propre identité. Ainsi, qu’il s’agisse du post-rock stratosphérique sur fond de batterie réelle des Destroyalldreamers et Below the sea, ou des chansons dénudées de Giardini di miro coopérant avec les guitares et les manipulations numériques parcimonieuses de Populous, c’est constamment en direction des astres que les yeux et les oreilles sont tournées. Les titres d’Eluvium et Erstlaub en sont des preuves flagrantes : l’un comme l’autre étoffent et étirent leur propos sur plus de 7 minutes parcourues de nappes électrisées pour le premier, plutôt électroniques, légèrement dissonantes et inquiétantes pour le second. A l’inverse, d’autres comme Lapintade, passent sous la barre des 2 minutes pour proposer un intermède mêlant harpe digitalisée et digressions ludiques. Soundclub pioche allègrement et avantageusement dans la copieuse assiette du shoegazing, tandis que les Tomcats in Tokyo versent dans une électronica crunchy et punchy comme ils savent si bien le faire. De la même manière, Tunng perce dans le domaine où il excelle, à savoir celui d’un folk faisant le grand écart entre passé et présent, confrontant banjos et clochettes avec des programmations rythmiques aux accents tribaux. Ylid fait plutôt dans la poésie mélodique, avec des vers emplis de guitares claires fragmentées, vite envahies de nuées d’insectes digitaux. Plus loin, Bertuf surprend en suçant la roue de Désormais, proposant une mini-symphonie déconstruite parcourue de remous et soubresauts. Puis viennent les plages d’Accrual et Stylus, plus ambient et abstraites, un peu plus hostiles aussi, nous plongeant dans un microcosme numérique étrange et venté. Changement de registre pour le point final apporté par le piano minimal et élégiaque à souhait d’Hélios, cerise d’un gâteau copieux et aux saveurs variées.
(8.0)
Sébastien Radiguet
 

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Published by ondefixe - dans CHRONIQUES ALBUMS
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