Fruit d'une collaboration entre Greg Haines et Danny
Saul, cet album compile quelques-unes de leurs prestations live, souvent dispensées à un public peu réceptif, voire indifférent et irrespectueux de ces plages jouant avec la dilatation du
temps et l'expérimentation spontanée. Avec pour seuls instruments quelques guitares, un violoncelle et une poignée d'objets, Liondialer extraie une matière sonore qu'il retravaille en direct à l'outil numérique pour mieux l'étirer et la
modeler. Les climats élaborés, bien qu'intimement imbriqués, sont ici très changeants. Dans le meilleur des cas, le
duo nous offre une ambient délicate et harmonieuse (Saki), un peu à la manière d'un Stars Of The Lid qui aurait
décidé d'intégrer davantage de fields recordings et d'échardes dans ses paysages vaporeux. Sur les minimaux et cinématographiques Green room 2 et Rarefish, les quelques notes et
arpèges de guitare évoquent autant les divagations d'un Loren Connors que les images d'un désert aride. Mais il n'est
pas rare que les ambiances se crispent, que le jeu d'archet se fasse vicieux et capricieux, générant ainsi des dissonances durables, qui finissent toujours par avoir raison de la patience du
public (Bay horse). Et dans le pire des cas, le tandem met son auditoire à rude épreuve, propose sa vision singulière et
bruitiste de la Music Box, loin des tintements apaisants et nostalgiques auxquels on associe systématiquement la dite boîte. A même de marquer à vie n'importe quel môme en possession de
pareil objet, leur boîte à musique, en distillant des manipulations extrémistes, des attaques rugissantes et des scories apocalyptiques, repousse les limites du supportable. Un disque intransigeant et schizophrène.
[6.5]
Sébastien Radiguet
Liondialer :Green room 2
Tracklist :
01. Intro
02. Saki
03. Green room 2
04. Bay horse
05. Green room 1
06. Lady Barn
07. Music box
08. Rarefish