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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 20:56
Sa discographie personnelle tout comme ses diverses collaborations (de l'accessibilité pop des Mountain Goats à l'extrémisme agité de John Zorn) sont là pour en attester : Erik Friedlander est doté d'un éclectisme indécrottable.
Après s'être amusé à pervertir et repousser les limites de l'americana sur Block Ice & Propane, voilà le talentueux violoncelliste fermement décidé à implanter son instrument de prédilection dans la grande famille du jazz, venant par là même offrir un joli contre-pied à l'immuable et noble formule piano-contrebasse-batterie.
Entouré de deux grosses pointures de la scène jazz new-yorkaise (le batteur Mike Sarin et le contrebassiste Trevor Dunn), et imprégné des classiques du genre signés Charlie Parker, Lester Young ou Count Basie que son père aimait à écouter inlassablement, Erik Friedlander dévoile une énième facette de sa personnalité et de son talent, en privilégiant ici le fingerpicking, une spécialité dont il est devenu un maître incontesté.
Prendre et donner, être perpétuellement à l'écoute de l'autre, mettre sa technicité et son érudition musicale au service d'une classe sobre et évidente, plutôt que d'une supériorité affichée, telles sont les principes qui nourrissent ce trio qui doit son nom à une anecdote dont le bassiste Oscar Petitford fit les frais, contraint qu'il fût de troquer sa contrebasse pour un violoncelle réaccordé suite à une fracture du bras.
Si une bonne partie des titres tutoie les classiques du jazz swinguant des années 60 (Big shoes, In the spirit, Tiny's), d'autres se parent du balancé et des harmonies tziganes chères à Django Reinhardt (Spinning plates, Pretty Penny, Easy), ou naviguent quelque part entre ballade jazz romantique (Ink) et volupté du tango de haut étage (Pearls).
Egalement soucieuse de chambouler le préétabli, la triplette injecte un souffle de modernisme dans cet exercice en forme d'hommage, se plaisant à jouer sur les dissonances (Knife points), à deux doigts du free-jazz (Cake) ou de la déconstruction ludique et affranchie (Jim Zipper), sans jamais être pénible.
Pour qui s'intéresse un tant soit peu au jazz, The broken arm trio donne beaucoup à apprendre et à apprécier.
[8.5]
Sébastien Radiguet

Tracklist

01. Spinning plates
02. Pearls
03. Knife points
04. Jim Zipper
05. Pretty Penny
06. Easy
07. Cake
08. Buffalo
09. Hop skip
10. Ink
11. Big shoes
12. In the spirit
13. Tiny's

Durée : 49'10
Sortie : mars 2009
Label : Skipstone records

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Published by ondefixe - dans CHRONIQUES ALBUMS
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