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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 10:17
aMute a vu le jour quelque part à l’orée de 2002, comme le bébé musical du Montois Jérôme Deuson. Puisque nul n’est prophète en son pays, c’est via un positif bouche à oreille à l’étranger qu’il signe chez les Canadiens d’Intr-version pour deux albums qui l’amènent peu avant les prémices de ce Infernal heights for a drama bien sous tous rapports.

En 2008 Jérôme Deuson se sent sans doute un peu à l’étroit dans sa solitude, même s’il est parfois rejoint sur scène par le personnel de APSE ou de l’Altra, Il décide d’entamer le travail autour d’un prochain album, avec une nouvelle famille musicale, qu’il trouve à Bruxelles avec Samuel Volan à la basse, Thomas Venegoni à la guitare et Stéphane Védèle à la batterie. C’est sans doute ce choix tactique qui lui permet de peaufiner quant à lui les sonorités et arrangements via son laptop ou de travailler le côté arty des prestations scéniques. C’est assurément cette décision qui donne à infernal heights for a drama l’ampleur d’un disque inaugural pétaradant.

Parce que ce qu’il y a de bien avec les groupes belges, et Deus en était jusqu’il y a peu un exemple flagrant (les Français aiment bien toujours placer Deus dans une chronique de groupe belge, z’avez remarqué?); c’est que les formations du royaume se contrecarrent (on dit pas “se sur-carrer” en langage jeune maintenant?) comme de leur dernière chemise des cloisons entre les genres musicaux. Ainsi, à première vue, aMute est une nième incarnation post rock ou quelque réminiscence de the Gathering. Si si, avec des débuts tranquilles, des constructions spiraliques et un napage de guitare progressif à la limite entre post rock et psyché. Franchement la première écoute ne nous a pas laissé un souvenir impérissable, et c’est sans doute parce qu’on se rappelle qu’un jour le guitariste est venu jouer, en culottes courtes, dans le jardin parental bruxellois en compagnie de mon arsouille de frangin, qu’on a décidé de le réécouter en augmentant sensiblement le volume, et en passant le CD du PC à la chaîne hi-fi.

Il lui fallait ça à Infernal heigts, pour déployer ses jolies ailes et nous montrer comment d’un battement d’aile bruxellois, il s’amuse à faire tanguer les cloisons musicales. Pour nous montrer qu’il faut toujours écouter plusieurs fois ses albums en mode variation. Car en s’y penchant de plus près, s’il est vrai qu’on ne peut nier la composante post rock qui fournit d’ailleurs ici une atmosphère générale sombre et qualifiante à l’album, il serait mesquin de réduire aMute à ce seul ingrédient.

Derrière ces huits titres qui se déploient progressivement, aMute pose les bases d’un univers au gré duquel le groupe nous ballade au long des huit titres. Comme un décor un peu industriel, un peu désolé, un peu cathodique où aMute nous convoque. Et où on joue à se faire peur
A l’intérieur de ce petit monde concentré, le groupe se joue des limites, et très souvent, la guitare s’apaise pour céder la place à la bidouille Mogwaienne ou même au folk "Dybdhalien" (bah oui dur de trouver un référent folk qui ne renvoie pas immédiatement à l’immage du cowboy).

Et ça fait mouche sur votre serviteur, qui évite la lassitude au gré de ces subtils changements de panorama, dans le même décor. Ce n’est pas tout, Deuson s’amuse en anglais, comme Deus s’amusait à l’époque de Instant street (voilà ayé j’ai placé Deus, ça c’est fait). C’est à dire en arrivant de ci- de là à torcher une mélodie carrément pop sous un déluge de guitare: rock chez les Anversois, post rock pour la capitale. C’est à dire, aussi, en allant fleurter parfois avec, toute humilité gardée, "le kid A" de la bande à Thom Yorke.

On se rend compte qu’on est conquis, quand est arrivé, emmené par le flot, au titre quatre, sans avoir réellement ni subi, ni perçu les hiatus des plages. Et qu’on s’y sent bien à volume sonore élevé. Saisi par un mélange d’angoisse, de désespoir, et avec au loin un ombre qui court… mais ne serait-ce pas Trent Reznor? ah non….

On savoure. A la fois parce que ce troisième disque mais-quand-même-un-peu-inaugural est plutôt bien foutu (et que du coup à part sur la moustache du guitariste on a pas vraiment de commentaire désobligeant) et qu’on sent qu’il y a encore une laaaaaarge marge de progression, du genre qui nous laisse présager concerts futurs et avenir discographique radieux plutôt que redondant. Et puis parce qu’à titre personnel, j’ aime bien aussi ce souci du détail dans les formations belges (c’est peut-être en fait ça le dénominateur commun que je trouve en qualité d’expatrié). Des groupes qui comme le Venus du début ou le Soy un Caballo d’aujourd’hui cisèlent aussi tout ce qui n’est pas que musical: visuel, matériel de scène, site internet, vidéos -alors que rien d’officiel n’a encore réellement démarré pour eux-.

Pour toutes ces raisons je demande à faire partie dès aujourd’hui, du fan club d’aMute. Et je m’asseois aux premières loges afin d’assister à la suite de leurs aventures. Imaginant que certains parmi vous, feront de même.
[7.5]
Denis Verloes


Tracklist :
01. Break
02. May faint
03. Begone
04. Enclosed movements / inner you
05. When things are not going right
06. Spread
07. No other man
08. Eyelash:fukt

Label: Stilll / Differ-ant
Date de sortie: 5 mars 2009

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Published by ondefixe - dans CHRONIQUES ALBUMS
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commentaires

Marie 19/03/2009 13:09

Oh my god, un petit belge que je ne connais pas! [Quoique je pense en avoir déjà entendu parler] Il va falloir remédier à cela! =)

lyle 15/03/2009 08:13

J'aime beaucoup les deux albums précédents, alors j'ai hâte d'entendre celui-là...

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