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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 20:46
Boudé à sa sortie en 1922, le film scandinave Häxan a bénéficié d'un souffle nouveau sous l'impulsion de la maison Tartan. A l'occasion de cette renaissance, ce film muet s'est parementé d'une BO signée Bronnt Industries Kapital, projet mené par le bristolien Guy Bartell, dont l'obscurantisme machiavélique en avait séduit plus d'un à l'occasion de Virtute et Industria paru en 2005 (déjà chez Static Caravan).
Et autant dire que l'univers hanté du bonhomme est en parfaite synergie avec ces histoires des sorcellerie peuplées d'âmes démoniaques. Armé d'un bagage renfermant claviers analogiques, orgues tremblotants, mellotron d'antiquaire, cordes que la rouille commence à ronger, le musicien tisse des ambiances de nécromancien aux sources sonores érodées et désagrégées.
Au fil des 27 titres, on passe d'une ambient raffinée et manipulée à la mode 12k (Love potion) ou enveloppante comme celle de Stars of the Lid (The monastery), à des tonalités résolument plus flippantes jouant sur de légères dissonances (The devil, Inquisition) ou distorsions (Torture chamber), invitant des orgues mystiques presque sataniques (Fire) ou intégrant des collages sonores et petits éléments qui évoquent une ère post-industrielle déshumanisée (Hell, Conspiracy). Souvent synonyme d'occultisme, sa musique a souvent l'humeur maussade, se parant volontiers d'arpèges de guitare désolée rehaussés de nappes et hululements fantomatiques (Underground ou The youngest servant, dont les stratifications vont croissant), ou de mélodies surréalistes et féériques dessinées à coup de notes célestes vacillantes (Centre of the universe, Witch, Torture chamber, Endless pressure).
Parfois, elle prend le parti de se dénuder un peu plus, laissant la parole à des claviers démantelés et mélodieux délivrant des thèmes tristes et beaux qu'on imagine sortis des cerveaux d'un Boards of Canada léthargique et dépressif (Rites & roghts, The power of lead, Confessions, Violent despair, Hysteria, Russian book).
Un nuancier subtil et fané qui baigne dans l'ésotérisme et donne envie d'en savoir davantage sur cet objet filmique ressuscité.
[7.5]
Sébastien Radiguet


Durée : 74'40
Sortie : novembre 2008
Label : Static caravan

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Published by ondefixe - dans CHRONIQUES ALBUMS
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