Pour qui
connaît un tant soit peu Miguel Marin, personnage icarien et rêveur, ce troisième album solo ne heurtera pas les habitudes. S’installant dans le même sillage que son
prédécesseur, au point d’ailleurs d’en reprendre un thème et de lui faire subir de ténues variations (Dreams), You travelled my heart inside out vient démontrer une fois encore
(artwork soigné à l’appui) combien l’espagnol a justement choisi son patronyme, celui d’un végétal qui aime se laisser caresser par le souffle du vent.
Toujours friand d’atmosphères graciles et évocatrices, Arbol dresse en arrière-plan une trame aérienne de nappes flottant comme autant de fins voilages, et y appose des
mélodies à la douceur cristalline, laissant présider piano, glockenspiel, harpe plus ou moins digitalisée. En sus de Suzy Mangion (comme lui, ancienne collaboratrice de
Piano Magic), la japonaise Eri Makino apporte sa contribution vocale vaporeuse et ténue, en parfaite harmonie avec la nature poétique du tableau musical. Le
travail rythmique tient du fin ouvrage, imbriquant cliquetis, glitchs et autres éléments de récupération numérique, tout en subtilité et légèreté. La quiétude
générale se voit passagèrement obscurcie par un tissu qui se densifie et grésille (Garda), pour se doter ensuite d’une dimension plus orchestrale sur un dénouement habillé de
cordes ; histoire de revenir sur les notes et coloris cléments caractéristiques de l’ensemble.
(8.5)
Sébastien
Radiguet
Lejos discos / CoD&S