L'aventure ondefixe se termine.
Créé en 2004 avec l'ambition de parler avant tout
de disques post-rock, electronica, ambiant, le site a essayé au fil de ces cinq années d'activité de vous faire découvrir des musiques qui sortaient un peu de l'ordinaire.
Vous retrouverez désormais les chroniques de Sébastien sur autres directions et celles de Benoit toujours sur Hop Blog, Pop Revue Express, Netlabels Revue et Benzine, Des Chips et du Rosé et Spotify discoveries.
Ondefixe : 2004 - 2009.
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Farväl Falkenberg a vu le jour en 2007. Edité à 1000 exemplaires, sa première vie fut en toute logique très brève et Kning Disk eut la judicieuse idée de lui en offrir une seconde, dans un écrin similaire, pour pallier les requêtes insatisfaites.
Majoritairement écrits pour les besoins du film du même nom, minoritairement en marge et après-coup, les dix titres de Farväl Falkenberg constituent un délicat et troublant recueil de folk habité, au teint légèrement poussiéreux, à la fois rural et céleste, dont les vertus introspectives et les qualités cinématographiques s’imposent d’elles-mêmes, quoique de manière insidieuse.
Alors qu’avec les même ingrédients (guitare en nylon, piano hors-d’âge, sifflet, claquements de main et tambourin), certains auraient fait de The Joy of D.H. Lawrence un titre guilleret et insignifiant, Erik Enocksson instaure un climat prenant et très personnel, d’où perle une étrange mélancolie.
Pour moitié, les morceaux optent pour un certain dénuement, voire une mise à nu (The nylon waltz), faisant la part belle au triptyque guitare/piano/glockenspiel, parfois morcelé et altéré à l’outil numérique (The breaking of waves) ; et à des cordes vocales se limitant à un rôle siffloteur ou choral (solennel sur The State The Sea Left Me In, mixtes sur The Lingering Procession), délivrant quelques « haha » enlevés (Thru Thick Night), ou s’auto-décuplant pour mieux occuper l’espace (The Sea Waltz).
Par intermittences, Erik Enocksson insuffle des éléments ambient venant troubler son folk de l’étrange, aidé en cela par des craquements, un accordéon et un vieil orgue à pompe qui viennent peupler son monde sinon de drones (Dusk Settles In), d’accords dilatés et flottants (What Drove Her Shivering Into The Cold Cold Sea, sorte de version acoustique et arythmique du K/Half Noise des islandais Mùm ; With Its Dark Tail Curled 'Round The Garage, qui déjà instaure le thème final de The Lingering Procession, dispensé par une chorale féminine, appliqué et enchanteresse).
Inutile de préciser qu’en bénéficiant de cette seconde vie, Farväl Falkenberg n’a eu que ce qu’il méritait.
[8.5]
Sébastien Radiguet

Tracklist

01. The Joy Of D.H. Lawrence (4:20)
02. Dusk Settles In (2:03) 
03. The Breaking Of Waves (4:33)
04. The Nylon Waltz (2:53) 
05. What Drove Her Shivering Into The Cold, Cold Sea (4:25) 
06. The State The Sea Left Me In (4:12) 
07. Thru Thick Night (2:55) 
08. With Its Dark Tail Curled 'round The Garage, Pt. 1 (2:06) 
09. The Sea Waltz (4:34) 
10. The Lingering Procession (4:00)

Durée : 36’45
Sortie : janvier 2007
Label : Kning Disk
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Publié dans : CHRONIQUES ALBUMS
Apparu au début des années 80, conjointement au label Flying Nun qui l’a longtemps hébergé, le quatuor The Bats a souvent été considéré comme un des maîtres-étalon de la pop océanique made in New-Zealand, voire de la pop tout court.
Presque trente années d’activité n’auront pas suffit à élimer la qualité d’écriture qui les caractérise, et le foyer Kning Disk ayant eu écho de la réactivation de ces vétérans a préféré ne pas louper le coche, leur offrant une visibilité amplement méritée en territoire scandinave.
Reposant sur une configuration des plus ordinaires (basse, guitares, batterie, chant et contre-chant à la tierce, voire ailleurs), The Bats déroule avec aisance, assurance et maîtrise une pop synonyme de langage musical universel. Les 12 titres ici présents, oscillant entre le bon et le parfait, font figure de classiques instantanés et inusables, qui sauront indubitablement séduire tous ceux qui, comme moi, peinent à encaisser la disparition prématurée de Grant McLennan, et la dissolution irréversible de The Go-Betweens qui va de pair.
Bien que globalement lumineuse voire ensoleillée, la pop supérieure de The Bats laisse parfois germer une pointe de mélancolie (Broken Path, ou Later On That Night qui rappelle plus que tout autre l’excellence à laquelle nous avait habitué le tandem magique australien suscité), affiche avec un titre comme Castle Lights, joliment rehaussé de violon, un classicisme classieux calé quelque part entre 1986 et 1988 (c’est-à-dire entre The Queen Is Dead et 16 Lovers Lane, bien que The Guilty Office n’ait pas l’intention d’accéder au statut de Graahl endossé par ces deux monuments de la pop).
Bref, The Bats n’a plus grand chose à prouver et se contente avec une humilité irréfutable de jouer pour le plaisir : le leur, le mien et très certainement le vôtre.
[8.0]
Sébastien Radiguet

Tracklist

01. Countersign
02. Crimson Enemy
03. Broken Path
04. Like Water In Your Hands
05. Castle Lights
06. Two Lines
07. Satellites
08. Later On That Night
09. Steppin' Out
10. The I Specialist
11. The Guilty Office
12. The Orchard

Durée : 44’25
Sortie : juin 2009
Label : Kning Disk
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Le dernier volet de la trilogie 'Unreleased tracks', une série de compilations lancée en 2007, est actuellement disponible en édition très limitée auprès du label et distributeur debruit&desilence.

Conçu par Jérôme Olivier et Julie Calbert et mastérisé par Mark Beazley (Rothko), cet album rassemble des morceaux inédits composés et interprétés par Last Days, Rafael Anton Irisarri, Nils Frahm & Peter Broderick, Life Without Dreams, Simon Scott, Rothko, The Toy Library, Goldmund, Silencio, Message To Bears, Lightsway, Millimetrik et July Skies.


Plus d'informations sur Fugues :
www.myspace.com/fuguesmusic

Compilation disponible uniquement auprès du mailorder debruit&desilence : www.dbdsmailorder.com

Edition limitée à 100 copies numérotées.
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Pour autant que je me souvienne, les derniers signes d'existence artistique donnés par Rickard Jäverling coïncidaient avec les dernières heures du label Yesternow, sur lequel avait été publié son précédent album, Two Times Five Lullaby.
Trois années se sont gentiment écoulées depuis, et le suédois a sensiblement peaufiné son art, désormais à même de séduire tout amateur de folk soigneusement ouvragé.
C'est que le gaillard s'est s'y prendre dès lors qu'il s'agit de tisser un délicat maillage instrumental, à renfort de finger-picking et de slide guitar, avec seulement quelques touches de glockenspiel, de trompette et de violon (Salt hill Pt.1 et 2). Sur une poignée de titres chantés (May & Lee, Little bird), l'héritage folk légué par Nick Drake ou Bert Jansch devient palpable. Mais quelques touches de modernité relative viennent néanmoins trahir le changement d'époque, telles ces notes cristallines vaguement déformées et étouffées couplées à un Mellotron que l'on entend sur May & Lee.
Ce folk d'ordinaire lumineux fonctionne parfois au ralenti, avec des arpèges plus engourdis et contemplatifs, quelques frêles enluminures tantôt de cordes et de cuivres (Wishing Well), tantôt électroniques (Rest Your Eyes), mais toujours volatiles.
Si Wedding Ring, vêtu de carillons, piano bastringue et trompette solennelle, célèbre des noces célestes en petite pompe ; April, avec son harmonica des plaines arides et ses cordes panoramiques, constitue la BO parfaite d'un western Morriconien.
A mi-promenade dans ses Valleys, Train to C nous propose une balade légèrement countrysante et swinguante qui se solde par une riche orchestration (cuivres, orgue, fiddle...), nous installant confortablement entre Irlande verdoyante et Amérique rurale.
En bout de parcours, Sun Valley dévoile une peinture paysagiste façon Phelan & Sheppard, avec un dénouement à l'éloquence nordique, où cordes, cuivres et percussions martiales semblent avoir fui le Danemark d'Efterklang.
Mais cette dernière comparaison ne doit pas occulter le caractère délicat et retenu qui prime tout au long de cet album généreux, qui se présente dans un bel écrin (marque de fabrique du label Kning Disk).
[8.0]
Sébastien Radiguet

Tracklist

01. Salt Hill Pt.1
02. May & Lee
03. Wishingwell
04. The Wedding Ring
05. Train To C.
06. Rest Your Eyes
07. Salt Hill Pt.2
08. Little Bird
09. April
10. Sun Valley

Durée : 40'00
Sortie : juin 2009
Label : Kning Disk
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Publié dans : CHRONIQUES ALBUMS
Deux ans après la parution de Lulo, déjà chez Eglantine, Luis Solis dit Bacanal Intruder revient avec cette espièglerie qu'on lui connaissait, guitare en bandoulière, délivrant un folk coloré, sous assistance numérisée, à l'humeur tout aussi printanière que légèrement mélancolique, rehaussée d'un chant en retrait volontairement filtré et lo-filisé.
Désireux ou non de ne pas se cantonner au simple étiquetage folktronica, Luis Solis s'essaie à un inachevé jazzy, concassé et hésitant (Harry El Sucio), sait à bon escient s'entourer d'une mini-armada d'instruments-jouets, génèrer des bruits incongrus et entrecouper ses morceaux d'exclamations enfantines ou de "lalala" enjoués (le joliment rétrograde A Flower On His Bonnet, A Mirror In His Hand). Ailleurs, Post-Illas lorgne davantage vers une électronica de poche, quelque part entre " game-boy " attitude et le Mùm première mouture ; tandis que Long Day se montre beaucoup plus suave, croisant notes papillonnantes à souhait avec moultes strates de voix féminines caressantes.
Dans sa manière d'échafauder un délicieux concassé de cordes pincées, de samples vocaux et de bleeps numérisés, Bacanal Intruder rivalise aussi de malice avec le japonais Sora.
Histoire de mieux nous préparer aux Adioses, le garçon se montre sous un jour un peu plus tristounet, avec un Hemos Fracasado en forme de ritournelle d'après-guerre aux atours bricolo, qui émane clairement d'une chambre de solitaire où se sont entassés mélodica, ukulélé, glockenspiel et claviers bon marché dotés de sonorités de piano au pedigree douteux. Mais qu'importe, tout cela est bien fagoté et franchement très plaisant.
[7.5]
Sébastien Radiguet

Tracklist

01. Cantariola
02. Harry El Sucio
03. After All
04. A Flower On His Bonnet, A Mirror In His Hand
05. Post-Illas
06. Plumazul
07. Long Day
08. Welcome To La Siesta 
09. Hemos Fracasado 
10. Adioses

Durée : 35'15
Sortie : juin 2009
Label : Eglantine records
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Après avoir sillonné quelques labels obscurs, le trio londonien Rameses III semble avoir jeté l'ancre chez Type depuis sa collaboration avec The North Sea.
Retour aux (grandes) affaires personnelles avec ce I could not love you more qui regroupe incontestablement quelques-unes des plus belles pages ambient écrites cette année. Mais pas uniquement.
Car si le délicat et majestueux morceau-titre me fait d'ores et déjà dire que Stars of the Lid a trouvé là son plus digne concurrent, Rameses III se distingue de l'ambient ample et organique d'Adam Wiltzie et Brian McBride par sa capacité à y injecter d'autres composantes.
Ainsi les éléments aqueux et le caractère bucolique des guitares sèches croisées sur Cloud kings et No water, No moon renvoient aux égarements méditatifs en milieu naturel de Mountains.
Les guitares sont ici très présentes, et qu'elles dessinent des lignes claires réverbérées, soient slides, se brouillent ou se distendent (voire tout ça à la fois, sur le magnifique The kindness in letting go, avec son esthétique 4AD qui lui colle à la peau), elles font preuve d'une soif inextinguible des grands espaces.
Quant aux arpèges déliquescents qui pleuvent sur We shall never sing of sorrow, ils semblent avoir passé leur vie dans le brouillard et l'humidité du North Yorkshire, et s'accomodent très bien de choeurs qui confèrent à l'ensemble une légère dimension mystico-spirituelle (sans pour autant verser dans l'ésotérisme de pacotille)
Parfois, cette ambient de haute volée s'aère, ménageant ainsi des espaces qui laissent émerger un banjo rêveur (No water, No moon), une guitare acoustique aussi libre et posée que celles de Phelan & Sheppard ou de James Blackshaw, engageant un dialogue avec un piano électrique lacustre (Across the lake is where my heart shines).
Sur le caudal All shall be well, des notes flûtées de Mellotron n'ont de cesse d'osciller, au point de givrer tout repère spatio-temporel,  puis des choeurs volatils et mutants, ainsi qu'un tapis de basses viennent infiltrer cette matière pour l'ennoblir.
Voilà en somme de quoi faire de cet album le plus recommandable du catalogue Type 2009.
[8.5]
Sébastien Radiguet

Tracklist

01. We Shall Never Sing Of Sorrow (8:43)    
02. Across The Lake Is Where My Heart Shines (6:31)    
03. Cloud Kings (6:50)    
04. No Water, No Moon (6:53)    
05. The Kindness In Letting Go     (7:16)    
06. I Could Not Love You More (10:21)
07. All Shall Be Well (11:19)

Durée : 57'55
Sortie : septembre 2009
Label : Type
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Au vu de leur multiplicité, on ose à peine se lancer dans l'énumération des incarnations et implications musicales de Simon Scott.
Après avoir laissé les défunts et essentiels Slowdive, Simon Scott a donné naissance au projet Televise, a pris part aux aventures à deux dans Seavault (avec Antony Ryan de ISAN) et The Sight Below (avec Rafael Anton Irisarri), et a trouvé le temps et l'énergie pour mettre sur pieds et faire tourner son label Kesh.
Oeuvrant aujourd'hui sous son propre nom, il signe un album globalement moins obscur que ce que le label Miasmah a proposé jusqu'alors, mais qui n'en demeure pas moins voué à l'opacité et à l'abstraction.
Comme pouvaient le laisser sous-entendre le titre et les attirances de son géniteur, Navigare met l'accent sur une ambient immersive, avec quelques lointaines réminiscences de shoegaze planant. N'entend-on pas d'ailleurs sur Introduction of Cambridge et The ACC les stigmates estompés du Souvlaki de Slowdive ? Même batterie lointaine qui imprime une cadence diffuse et même guitares électriques en charge de brouiller les pistes mélodiques.
Si certains titres comme Under crumbling skies ou The night and the artificial light laissent nettement filtrer une mélodicité accueillante et lumineuse, à l'inverse Repulse et Ashma assombrissent le tableau, préférant la juxtaposition de textures étirées, grésillantes et granitiques, empruntant ainsi les voix impénétrables de Fennesz ou Tim Hecker.
Parfois cette trame ambient s'étiole comme un ciel se dégage puis se voile en même temps que des éléments rythmiques s'enchevêtrent (The old jug and drum), ou bien se lance dans d'élégants jeux de flux et reflux (Flood inn, The ACC), un peu comme si Loscil et Polmo Polpo réunis venaient se noyer dans une épaisse brume électrisée.
[7.5]
Sébastien Radiguet

Tracklist

01. Introduction of Cambridge
02. Under crumbling skies
03. Flood inn
04. Derelict days
05. Repulse
06. The ACC
07. The old jug and drum
08. Ashma
09. Spring stars
10. The night & the artificial light

Durée : 48'07
Sortie : octobre 2009
Label : Miasmah
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Qu'ils oeuvrent au sein du trio Innocent X ou qu'ils s'attachent à cultiver leur jardin secret baptisé A Moi, les guitaristes Pierre Fruchard et Cédric Leboeuf demeurent dans l'angle mort d'une scène hexagonale qui ne mâche pas ses mots. Un moyen comme un autre de mieux se faire entendre.
Laissant suinter une pointe de résignation et d'amertume, ces cinq titres proposent une vision toute personnelle, acérée et caustique, d'un monde pressé et superficiel, d'une époque où la séduction sous toutes ses formes est déclarée morte.
Epaulés par le batteur Pierre Boscheron et le bassiste Steeve Wheeler, les deux acteurs principaux aiment à jouer avec les bruits blancs, extirpent quelques dissonnances et crispations électriques de leurs guitares, venant apporter par là-même tension et relief à une musique où la colère semble passée ou retenue, mais peut s'avérer montante (Si j'étais honnête)
Si l'introductif En Somme, à cheval entre slowcore et post-rock contemplatif,  rappelle autant Acetate Zero que leur terreau d'origine Innocent X, on pense très souvent aux débuts venimeux et obscurs de Calla (L'ange, Si j'étais en honnête) ou aux ancêtres Diabologum, avec qui ils partagent cette même plume francophile affûtée, cette façon de balancer sans pincettes des textes aussi honnêtes que crus.
D'ailleurs, si A Moi officie passagèrement dans un registre plus acoustique et décharné (J'aurais voulu t'avoir), c'est certainement pour mettre en exergue la crudité de ses textes qui disent l'indicible, ou en tout cas ce que peu d'artistes ont osé dire jusqu'alors : "J'aurais voulu t'avoir quand tu n'étais pas femme...A toi naïve encore, je t'aurais appris tout. Puis j'aurais défloré ton corps, après, ton âme...Je t'aurais enseigné comme le coeur se pâme. Je t'aurais violé au pied du mûr, debout."
Une tranche de paragraphe parmi d'autres, qui dévoile partiellement ce qui se dissimule derrière un titre aussi péremptoire que "Seduction is dead".
[7.0]
Sébastien Radiguet

Tracklist

01. En somme
02. J'aurais voulu t'avoir
03. L'ange
04. Si j'étais honnête
05. A moi

Durée : 25'05
Label : De Bruit De Silence

Concert : A Moi et Epic45 seront en concert le vendredi 30 octobre aux Instants Chavirés (Montreuil) et le samedi 31 octobre à La Malterie (Lille).
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Célébrant la rencontre entre un fer de lance du label Modern Love (Miles Whitaker, officiant sous les pseudos MLZ et Pendle Coven, en solo et duo respectivement) et un ardent collectionneur de vinyls mancunien (Sean Canty, impliqué dans les affaires du label Finders Keepers), Symbiosis marque une légère évolution dans un catalogue jusqu'alors placée sous haute domination de la triplette techno-dub-ambient.
Car à cet inaltérable triptyque, toujours présent dans ses penchants obscurs, viennent s'ajouter quelques pincées d'exotisme (toute proportion gardée).
D'entrée de jeu, Suspicious drone sonne comme la BO d'un film noir à gros suspense, aidé en cela par une frêle superposition de nappes arctiques glaçant le dos, de nappes anxiogènes, d'infra-basses ronronnantes et oscillantes, imprimant un esprit dub, d'éléments rythmiques qui pointent le bout de leur nez plutôt que d'assurer un rôle architectural.
Et le climat ne s'éclaircit guère lorsque s'ajoute à cela des voix spectrales plutôt flippantes (Extwistle hall), des paroles d'androïdes démantibulées, des impacts métalliques distordus et une ligne mélodique dispensée par un célesta angoissant (All Hallows Eve).
Parfois cette formule prend des tournures un peu hallucinogènes. Sur Regressor, une basse piquée invariable offre un contre-poids aussi hypnotique qu'ennuyeux à une séquence synthétique droguée et volatile, qui n'a de cesse de papillonner. Sur Nothing but the night, des boucles cristallines tournant en circuit fermé et psychotrope nous promènent entre science-fiction et le Silur de Tarwater.
A quelques lieues de là, on trouve un dub old-school (Haxan Dub), nécessairement obscur puisque inspiré du film d'horreur éponyme, mais fermement rattaché à ses racines puisque délivrant son lot de break jerky, de voix raggaestampillées "afro" et de cuivres aux échos multiples.
Sur ces mêmes fondations dub viennent se greffer des boucles de percussions dont le déhanché  trahit l'origine orientale (Jannisary). Mais sûrement est-ce pour mieux s'accoupler avec les samples puisés par Sean Canty dans les patrimoines turcs, iraniens et indiens.
Plus loin, le même constat de dépaysement et de brassage culturel s'impose, d'abord dans une version fragmentée et trop brève (Trapped dervish), puis dans un style polyrythmique qui n'est pas sans rappeler les mésestimés Chronomad (Conjoined).
Toujours dub, mais poussé dans ses retranchements technoïde, Haxan est le genre de track que vous pourriez être amené à entendre dans un hangar berlinois accaparé par Pendle Coven.
Ce vaste tour d'horizon effectué, on retourne à la case départ, avec un Ghostly hardware planté au beau milieu de la Tundra.
[7.5]
Sébastien Radiguet

Demdike Stare : Conjoined


Tracklist
01. Suspicious drone
02. Haxan dub
03. Regressor
04. All Hallows Eve (feat. Danny Norbury)
05. Jannisary
06. Haxan
07. Extwistle hall
08. Trapped dervish
09. Nothing but the night
10. Conjoined
11. Ghostly hardware

Durée : 54'45
Sortie : septembre 2009
Label : Modern Love / Boomkat
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